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Le Seco cherche à étouffer l'affaire Oerlikon-Iran

Comme le montrent des recherches effectuées par l'émission Rundschau, Oerlikon Contraves a fourni à l'Iran des canons antiaériens ainsi que des licences de production et des machines-outils pour la fabrication d'armements en tout cas jusqu'à la fin des années 1990. Des images prouvent que les canons Oerlikon constituent une partie intégrante du programme nucléaire iranien dont la légalité est contestée. Il n'y a pas eu d'autorisations suisses pour ces exportations vers l'Iran. Il reste à déterminer si ces exportations sont dues à des actes criminels ou si elles ont eu lieu grâce à des défaillances de la part des autorités.

Le document-clé de l'affaire Oerlikon-Iran est le "Full disclosure report" qu'Oerlikon Contraves avait remis aux autorités des Etats-Unis d'Amérique en 1999. Il est établi qu'une copie de ce document de 34 pages est déposé dans les archives du Secrétariat à l'économie Seco. Le 29 septembre 2009, le Conseiller national Josef Lang a déposé une demande pour consulter ces documents auprès du Seco. Près de deux mois après cette demande, le Conseiller national Lang a finalement obtenu une réponse. Non seulement elle est négative, de plus elle est classifiée "confidentiel". 

La réponse tardive du Seco ne peut s'expliquer que par sa volonté d'empêcher que le débat sur l'affaire Oerlikon-Iran n'entre dans la campagne de votation sur l'initiative pour l'interdiction d'exporter du matériel de guerre. Le Seco soutient ainsi de manière unilatérale les intérêts de l'industrie des armements et donne plus de poids aux profits des fabricants d'armes qu'au droit à la transparence et à l'information des citoyens et citoyennes appelés à se prononcer en votation.

Josef Lang a déposé une question parlementaire sur le fait que du matériel de guerre d'Oerlikon-Contraves est arrivé en Iran via Singapur ainsi que sur la double décision de refuser l'accès à la documentation et de classifier cette réponse négative. Lang conclut que "l'intérêt privé de Rheinmetall semble plus important à protéger par le Seco que l'intérêt public d'apprendre ce qui s'est passé entre Zurich - Singapour - Téheran - Berne - Washington".

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