Près d'un tiers des votant-e-s ont signalé aux autorités qu'ils n'acceptent pas que la Suisse exporte du matériel de guerre, et qu'elle participe ainsi aux conflits armés et aux exactions de régimes bafouant les droits de l'homme. Les opposants ayant martelé que la législation suisse est suffisamment stricte, ils doivent maintenant l'appliquer correctement, sous peine de trahir la confiance de ceux qui les ont crus.
Un vote de défiance à l'égard du Conseil fédéral
Le Groupe pour une Suisse sans Armée (GSsA) estime que le pourcentage important de OUI en faveur de l’initiative « pour l’interdiction d’exporter du matériel de guerre » constitue une expression claire de défiance à l'égard de la politique du Conseil fédéral en matière de commerce d'armements. Il semble que l’initiative ait même approché ou dépassé la majorité chez les jeunes et des femmes. En comparaison avec la dernière votation sur une initiative similaire qui avait récolté 22,5% de Oui en 1997, la votation d’aujourd’hui a récolté nettement plus d’adhésions, malgré la situation de crise économique et le chantage sur l'emploi des millieux économiques. Le GSsA estime que la campagne pour l’initiative a eu le mérite de porter la lumière sur la politique hypocrite de
Jeudi 19 nov. à 18h, plus de 1000 personnes sont tombées au sol dans plusieurs villes du pays pour symboliser les victimes du matériel de guerre exporté par la Suisse.
A Genève, près de 200 personnes se sont mobilisées pour "mourir" quelques minutes ou distribuer des tracts informant les passants. Voir la vidéo de lachaine et quelques photos. A Lausanne, aussi des cadavres! (Voir les photos).
Lors d'une conférence de presse le 12 novembre en l'Eglise du Saint-Esprit de Berne, les représentant-e-s du comité « Chrétiennes et chrétiens pour la paix » ont
expliqué les raisons de leur soutien à l'interdiction d'exporter du matériel de guerre. Ces chrétiens de l'église catholique et protestante, mais aussi mennonites, méthodistes et membres de diverses églises indépendantes, ont signé à cette occasion la déclaration des Chrétiens pour la paix.
Le journal Sonntag rapporte, dans son édition du 8 novembre, que le Conseil fédéral a autorisé, en mars 2009, l'exportation de pistolets mitrailleurs aux forces de sécurité de l'Etat indien du Chhattisgarh. Et ce, alors qu'un conflit armé y oppose depuis plusieurs années les forces du gouvernement nationaliste hindou aux rebelles maoïstes, et que des enfants-soldats sont utilisés dans les deux camps.
Depuis les années '70, les scandales se succèdent et se ressemblent... La RSR revient sur la question dans son journal du matin du 6 nov. à écouter ici.
Le témoignage d'un travailleur humanitaire paru le 3 nov. dans 24 heures montre que le problème reste d'actualité, puisque le matériel de guerre suisse est encore employé contre des civils.
Les messages d'encouragement de la société civile internationale sont nombreux à nous parvenir. Parmi eux, voici ceux de deux Prix Nobel de la Paix:
Desmond Tutu, archevèque de l’Eglise anglicane d'Afrique du Sud
"Not only in

Selon la NZZ am Sonntag de ce matin, les exportations de matériel de guerre vers le Pakistan continuent malgré les déclarations contraires. La Rheimetall Air Defence (anciennement Oerlikon Contraves) a même conclu de nouveaux contrats avec les militaires pakistanais. La livraison de munitions vers le Pakistan est une ultérieure violation évidente de la législation suisse sur le matériel de guerre.
L’industrie de l’armement prétend parler au nom de l’ensemble de l’économie suisse. Toutefois, beaucoup de responsables d’entreprises suisses ont un autre point de vue. Ils sont convaincus que seule une économie qui ne profite pas de la souffrance de personnes innocentes crée de la vraie richesse. Justement ces derniers mois ont montré que seule une économie fondée sur des bases éthiquement solides est durable.