Exportations suisses de matériel de guerre et d'armement

Retour à la liste

Des produits de laboratoire pour la Russie de Poutine

Catégorie de biens: Biens soumis à la loi sur le contrôle des biens ; les positions techniques des marchandises ne sont pas indiquées dans le dispositif publié du jugement. Pas de répartition sûre entre biens militaires spéciaux et biens à double usage inscrits.

Portrait de Vladimir Poutine.

CC BY 4.0

Pendant environ quatre ans, jusqu’à l’intervention des autorités en 2024, un employé d’une société suisse de négoce de produits de laboratoire, médicaux et pharmaceutiques a organisé des transactions avec deux hommes accrédités auprès de la représentation commerciale russe à Berne. Des biens d’une valeur d’environ 75’000 francs ont été exportés ; d’autres offres d’une valeur de 934’000 francs n’ont pas abouti après l’intervention des autorités. L’accusation liait les livraisons à une possible utilisation pour des armes de destruction massive. L’utilisation effective de ces biens dans de telles armes n’est pas pour autant démontrée. Le 13 mai 2026, le Tribunal pénal fédéral a condamné l’employé en procédure simplifiée pour infractions qualifiées répétées à la loi sur le contrôle des biens et tentative à seize mois de peine privative de liberté avec sursis et à un délai d’épreuve de deux ans. Il a fixé des créances compensatrices de 60’000 francs contre lui et de 20’193,30 francs contre l’entreprise.

Effet de la révision proposée de la loi sur le matériel de guerre

En vertu du nouvel article 22b, le Conseil fédéral pourrait déroger à tous les critères d’autorisation de l’article 22a dans des « circonstances exceptionnelles » formulées de manière vague. Le public ne devrait pas obligatoirement en être informé. Le Conseil fédéral pourrait inscrire la Russie à l’annexe 2 en modifiant l’ordonnance sur le matériel de guerre. Le critère d’exclusion lié à la participation à un conflit armé serait ainsi supprimé et l’autorisation deviendrait la règle. Le Conseil fédéral ne pourrait refuser une autorisation que dans des cas exceptionnels. L’art. 18, al. 1, supprimerait les déclarations de non-réexportation dans la très grande majorité des cas. Des armes pour la Russie pourraient ainsi être facilement livrées via une filiale ou un intermédiaire dans un pays tiers. L’Italie pourrait servir de pays tiers : selon le SIPRI, ce pays a livré ces dernières années du matériel de guerre en quantités importantes à la Russie (54 millions TIV).

Pays

Période

Transactions sur environ quatre ans jusqu’en 2024 ; jugement le 13.05.2026

Sources